قرائت› دفتر ۱› بخش ۷۲ - نظر کردن شیر در چاه و دیدن عکس خود را و آن خرگوش را› بیت ۱۳۳۹
M1:1339 — اندک اندک آب بر آتش بزن / تا شود نار تو نور ای بوالحزن
M1:1339
شرح و معنا · به زبانِ تو — AI
Ce vers conseille d’apaiser progressivement le feu de la colère et de l’égo par la discipline spirituelle, afin de transformer cette énergie destructrice en une lumière intérieure de connaissance et de paix.
Ce couplet est le point culminant d'une section sur la projection psychologique, illustrée par l'histoire du lion qui voit son propre reflet hostile dans un puits et l'attaque, se détruisant lui-même. Rumi explique que nos jugements négatifs sur les autres sont souvent le reflet de nos propres défauts intérieurs, comme regarder le monde à travers un verre coloré (M1:1335).
Le « feu » (nār) symbolise ici les passions destructrices de l'âme charnelle (nafs) : la colère, l'orgueil, l'envie, la haine. Ce feu est alimenté par une vision erronée, que Rumi qualifie de « vision par le feu de Dieu » (yanẓur bi-nār Allāh), en opposition à la « vision par la lumière de Dieu » du croyant. L'« eau » (āb) représente la purification, la connaissance, la patience et le souvenir de Dieu. L'acte de verser l'eau « peu à peu » (andak andak) est crucial : il ne s'agit pas d'une suppression violente des passions, mais d'un travail spirituel graduel et constant.
La transformation du « feu » (nār) en « lumière » (nūr) est une métaphore soufie centrale. L'énergie brute de l'âme n'est pas anéantie, mais transmutée. La colère devient courage spirituel ; l'arrogance devient dignité en Dieu. L'interpellation « ô père de la tristesse » (ay Bū-l-ḥazan) s'adresse directement au lecteur, à l'âme humaine prisonnière de ses propres passions et de la souffrance qu'elles engendrent. C'est un appel à entreprendre ce travail alchimique intérieur pour passer de la peine à la sérénité lumineuse.
- بوالحزن
- Littéralement « père de la tristesse ». Une épithète arabe (Abū-l-ḥazan) utilisée pour s'adresser à une personne affligée ou mélancolique. Rumi l'emploie pour parler à l'âme humaine en proie à la souffrance causée par ses propres passions.
- نار
- Mot arabe pour « feu ». Dans le contexte soufi, il symbolise souvent le feu de l'Enfer, mais aussi, plus subtilement, les passions dévorantes de l'âme charnelle (nafs), telles que la colère, l'orgueil et la convoitise.
- نور
- Mot arabe pour « lumière ». Il représente la Lumière divine, la connaissance spirituelle, la foi, la sagesse et la pureté. La transformation du « feu » (nār) en « lumière » (nūr) est une image clé de l'alchimie spirituelle.
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